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Nous allons procéder, à l’insertion, des extraits  d’un feuilleton, sur la page de ce site intitulée : « Notre feuilleton ». Y  seront  relatés les faits mémorables décrivant les aspects politiques, économiques et sociaux du peuple marocain sous les protectorats français et espagnols  à partir de 1947.  La narration concernera aussi les clichés de la vie de tous les jours entrecoupés par  les contes et légendes que l’on racontait aux enfants en ces temps là. Ainsi ce va-et-vient dans le temps et du réel et au  fictif a pour objectif d’aviver  les mémoires.

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1947 L'histoire de Béni-Mellal
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Écrit par Administrator   

 

Feuilleton: « le petit Abdel et l’histoire de Béni-Mellal »   Contes et réalité du Maroc de 1947 à nos jours (page 5)

Bien entendu, dans l’esprit d’Abdel  cette femme c’était Aicha Kandicha.

Il se rappela les contes arabes que lui racontait son oncle Aami et le premier à lui venir à l’esprit était celui de ce légendaire personnage. Les fantasmes les plus extravagants  faisaient l’objet d’affabulations dans toutes les chaumières  du pays.

On la voyait sous les  formes  d’une femme belle qui, comme les sirènes des mers captivaient et envoûtaient tous les hommes qui la rencontraient, surtout la nuit et surtout aussi  dans les hammams, les bains maures.

La seule chose qui la différenciait des femmes c’est qu’elle avait, à la place des pieds,  des sabots fourchus comme ceux des caprins et des djinns (diables). Elle les cachait bien pour ne pas être démasquée. Elle avait  aussi, selon les légendes, des cornes de chèvres  bien enfouies dans sa chevelure . Elle avait la faculté de disparaître aussi vite qu’elle arrivait. Malheur à qui  l’emmènerait avec lui. Elle

le dévorait ou le transformait en rocher ayant une grossière forme humaine. Tiens il y en a un, juste à côté  de la tombe du marabout de Larbaa. Abdel en avait  peur.

Les gens essayaient  d’éviter de passer à côté.

Aicha Kandicha  avait pris l’habitude saugrenue de loger aussi dans les lacs, les rivières, les vieilles demeures ou châteaux abandonnés, les mers, les cimetières (tiens donc !) et  les hantait la nuit, ainsi personne n’osait se baigner la nuit ou se promener dans ces  endroits ou être seul  la nuit dans un hammam.

L’oncle Aami avait une nuit, raconté à Abdel, d’où était venue  Aicha Kandicha.

Un sultan (le roi) avait  trois épouses,  la favorite était la jeune dernière, la plus belle aussi, elle s’appelait Aicha.

Le sultan logeait, chez elle, trois nuits par semaine et les  autres  seulement deux. Ce qui exaspérait les rivales. Elles devaient donc trouver une solution, après avoir épuisé tous les artifices, les sortilèges des marabouts,  des désen-voûteurs. 

Un jour que le sultan était en voyage  pour les  affaires, du royaume. elles appliquèrent la solution préconisée par un sorcier dont les sortilèges  étaient garantis.

Elles préparèrent du henné  avec des plantes et des produits que l’eunuque  leur apporta. Puis elles invitèrent Aicha  à induire sa chevelure avec cette préparation. Souvent les femmes avaient l’habitude de faire des après-midi de henné  on se détendait, on racontait des histoires, tout en se recouvrant la chevelure de ce produit qu’on dit sorti du paradis. Donc, il n’y avait rien de suspect,  aux yeux de Aicha qui était jeune, un peu naïve et, était loin de se douter de ce qu’ourdissaient ses rivales.

Celles-ci, tout en recouvrant du henné spécial,  ses beaux cheveux, lui plantaient de fines aiguilles dans le cuir chevelu qui était rendu insensible par les divers constituants du mélange.

A la fin de leur horrible besogne, la pauvre Aiche se transforma en tourterelle et s’envola.

 (à suivre)

© Nassaf Abdellatif

 

NB : les précédents épisodes de ce feuilleton, peuvent être   demandés en s'inscrivant sur ce site et moyennant un paiement modique pour les frais